Assemblée générale 2021
Andreas Heertsch a été sollicité pour veiller comme « défenseur des membres » au bon déroulement de la première Assemblée générale 100 % numérique de la Société anthroposophique générale.
En 1982, lors de ma première conférence sur l’informatique dans la salle de la Pierre de fondation, j’ai fait la démonstration d’un ordinateur CBM80 (qui aujourd’hui serait ridicule à côté de n’importe quelle calculatrice un peu sophistiquée). Je me suis vu reprocher ensuite d’avoir profané la salle. Plus tard, des acteurs ont refusé d’y répéter, car dans les pièces attenantes, une machine comptable facilitait la facturation.
Des décennies plus tard, le traitement électronique des adresses fut introduit au Goetheanum, le vent tourna et beaucoup se sentirent alors rabaissés de ne pas être autorisés à utiliser un PC.
Besoin d’être remarqué
Passèrent encore quelques décennies et Justus Wittich me proposa d’assurer la « défense des membres » lors de l’AG de 2021, en veillant à ce que le premier vote en ligne se déroule bien.
Aujourd’hui, lorsque j’entre dans la menuiserie, me voilà dans un studio vidéo bien équipé. Je réalise que je dois aussi défendre les intérêts d’un autre groupe : plaider la cause des entités à l’œuvre qui veillent à ce que « l’Assemblée 100 % électronique », selon Ueli Hurter, ne se termine pas par un désastre technique.
J’aurais aimé développer cette fonction de défenseur dans une présentation détaillée, mais ce serait manquer de tact, car l’attention du public veut être concentrée sur les résultats du vote et non sur mes effusions concernant le monde infra-sensible. Pourtant, ces esprits le savent bien : « Sine me nihil ! » (Sans moi rien ne se fait !).
Je parle donc brièvement en ligne de ma vie professionnelle, qui fut toujours en rapport avec les machines, l’électronique et les ordinateurs et de ces êtres au besoin presque envahissant de se faire remarquer par nous, les humains. Ils le font généralement par le biais d’obstaffcles, qu’il s’agisse de farces, de dysfonctionnements d’équipements, de la disparition de petits détails indispensables pour pouvoir travailler, en d’autres termes, toutes sortes de désagréments mineurs parfois très coûteux.
Sans lien aux êtres humains, place au diable
Ce que j’expose en bref, faute de temps, c’est ce qui m’apparaît seulement maintenant : ces entités ne sont pas simplement vaniteuses (dans le sens de : vouloir être remarquées tout le temps), mais, issues de créations humaines (machines, électronique, ordinateurs). Pour leur bon développement, elles dépendent apparemment de la possibilité d’être présentes, au moins temporairement, dans notre conscience. Faute de quoi, coupées de l’homme, elles sont obligées de se muer en ces « choses diaboliques » que certains d’entre nous voient dans notre monde technique.
Le fait que cette assemblée 100 % électronique se soit si bien déroulée au plan technique (jamais auparavant nous ne nous sommes autant déchargés sur la technologie) peut nous rappeler que ces entités veulent nous servir, mais qu’elles n’atteignent ce but que si elles sont également appréciées dans notre conscience. Si nous les tenons à distance, la vengeance risque d’être cruelle !
Présentation du document par l’auteur lors de l’Assemblée générale du 27 mars 2021.