Explorer la problématique constitutionnelle
Quelques 40 membres se sont inscrits à l’automne dernier pour participer à deux colloques sur une problématique qui a poursuivi la Société anthroposophique tout au long de son histoire : l’évolution de sa constitution, retraçable grâce à des documents.
L’objectif de l’initiative présentée lors de la dernière Assemblée générale par Gerald Häfner, Michael Schmock et Justus Wittich dans le cadre de la section des sciences sociales est une présentation de l’évolution de la constitution de la Société anthroposophique, retraçable pour tout membre intéressé grâce à des documents. C’est une base qui permet éventuellement d’élaborer quelle constitution Rudolf Steiner souhaitait après le congrès de Noël 1923-24.
Chronologie grâce à la phénoménologie
Le 7 décembre 2019, lors du premier colloque à la Rudolf-Steiner-Haus de Stuttgart, les participants parcoururent la chronologie des documents disponibles selon une sorte de méthode phénoménologique. Étant donné la présence d’un grand nombre d’experts et de bons connaisseurs de la problématique constitutionnelle, a pu être dégagée une évolution claire dans les créations d’organismes juridiques en lien avec Rudolf Steiner, de la constitution de la section allemande de la Société théosophique en 1903 jusqu’à la fondation des sociétés de pays en 1923 pour finir, la même année, par le congrès de Noël visant la refondation de la Société anthroposophique, en passant par les principes de base de la Société anthroposophique en 1912. Parallèlement furent trouvées des formes juridiques en réponse aux nécessités extérieures que demandait surtout le Johannes-Bauverein de Munich qui devint plus tard le Verein des Goetheanum der Freien Hochschule für Geisteswissenschaft à Dornach jusqu’à ce que, après le 8 février 1925, ce Bauverein et la Société anthroposophique, fondée lors du congrès de Noël 1923-24, fussent considérés comme « fusionnés », ce qui causa le problème constitutionnel.
Cette base chronologique élaborée, il fut possible d’éclairer, lors du second colloque du 25 janvier 2020, des questions plus complexes : le congrès de Noël 1923-24 a-t-il créé dans l’espace juridique suisse une personne morale ? Si la majorité des participants y vit une évidence, d’autres doutèrent d’une telle intention de la part de Rudolf Steiner. Quid alors de la tentative, lors de l’Assemblée générale de l’association du Goetheanum du 29 juin 1924, de créer une constitution englobant les éditions et la clinique à Arlesheim ? Les intentions de Rudolf Steiner et d’Ita Wegman entre le 24 août 1924 et le 8 février 1925 sont faciles à reconstruire. C’est après le 8 février et autour de la mort de Steiner que la question constitutionnelle se fait confuse.
Lors du troisième colloque, le 16 mai 2020, toujours à Stuttgart, nous espérons pouvoir statuer sur une compilation des documents importants, ce qui permettrait de rendre la thématique accessible à tous les membres ou bien d’en faire un sujet de travail lors d’une ou plusieurs journées pour les membres. Vu la façon de travailler qui se construit pas à pas, il suffit que l’actuel groupe de recherche pousse ses travaux jusqu’à un certain niveau d’aboutissement.