L’être humain est un pont

L’être humain est un pont

18 février 2020 Matthias Girke & Georg Soldner 17 vues

C’est autour de Pâques 1920 que se tint au Goetheanum le premier cours pour les médecins – et ce fut la naissance de la médecine anthroposophique.


En vingt conférences furent thématisées la compréhension de l’organisme humain, ses pathologies et les thérapies qui en résultent. Aujourd’hui, la force de germination et les perspectives ouvertes à cette occasion forcent l’étonnement.

Depuis lors, beaucoup de choses ont été confirmées avec une clarté surprenante – un exemple est le lien entre intestin (microbiote) et système nerveux –, beaucoup d’idées sont entrées dans la pratique de la médecine anthroposophique – par exemple la thérapie au gui en oncologie et le massage rythmique dans les soins. Un grand nombre de germes attendent encore d’être pris en compte par la recherche et d’être mis en pratique.

Santé de l’être humain et de la terre

Pour l’art de guérir, le motif du pont est central : la médecine anthroposophique est un pont qui prend son point de départ dans les acquisitions de la médecine classique et qui mène vers une compréhension de l’être humain soucieuse de sa santé, en le considérant comme un être au développement autonome. C’est une médecine qui jette un pont dans la relation thérapeutique vers le patient et les corps de métier avec lesquels elle collabore, à travers une communauté thérapeutique. Une médecine qui développe et applique ses médicaments à partir d’une compréhension vivante de l’homme, de la nature et du cosmos, qui réalise donc le lien entre macrocosme et microcosme. Elle se préoccupe de notre responsabilité croissante vis-à-vis de la terre vivante et ses enveloppes, car la santé humaine est inséparable de celle de la terre.

Du 12 au 20 septembre 2020 se tiendra au Goetheanum un grand congrès mondial, à l’occasion des 100 ans de la médecine anthroposophique. Il y sera question du motif du pont, d’évolutions actuelles et de perspectives d’avenir dans tous les champs de la médecine anthroposophique. Des représentations artistiques comme de l’eurythmie ou la Neuvième Symphonie de Beethoven, des rencontres festives, des conférences et une centaine de groupes de travail réuniront les invités, jetteront des ponts entre les personnes et feront le lien entre le passé et les évolutions futures, « l’essence de l’avenir ».


L’être humain est un pont
Entre le passé
Et l’être de l’avenir ;
Le présent est instant ;
Instant comme un pont.
Esprit devenu âme
Dans l’enveloppe de la matière
Provient du passé ;
Âme devenant esprit
En germe sous l’écorce
Est sur la voie d’avenir.
Saisis l’avenir
À travers le passé
Espère en ce qui devient
À travers ce qui est devenu.
Saisis ainsi l’être
En devenir ;
Saisis ainsi ce qui devient
En ce qui est.

Rudolf Steiner, Noël, 24 décembre 1920

Source GA 40