Travail spirituel

Travail spirituel

02 février 2021 Gerald Häfner 18 vues

Pendant la fermeture du Goetheanum ordonnée par le Conseil fédéral suisse, le travail de l’École de science de l’esprit se poursuit malgré le confinement.


Au Goetheanum, nous devons également respecter les mesures en matière de pandémie. En Suisse, ou plutôt dans le canton de Soleure, cela signifie actuellement que toutes les institutions culturelles sont fermées – le Goetheanum inclus.

Est-ce bien le cas ? Non, la maison est fermée, mais uniquement au public. Événements et réunions ne sont pas autorisés – ou seulement virtuellement. C’est une grande douleur pour nous. Néanmoins, nous travaillons autant que nous le pouvons et que nous en avons le droit. Les membres du Comité directeur, la Direction du Goetheanum, les sections et de nombreux départements de la maison continuent à travailler – par télétravail et, si nécessaire, sur place.

Et pour le travail mantrique, qu’en est-il ? Prenons l’exemple des leçons de Classe tenues régulièrement dans le cadre de l’École de science de l’esprit : ne sont-elles pas également interdites ? Même si la loi nous y contraint sans ambiguïté, nous tenons quoiqu’il arrive à ce que cette transmission se fasse et que le fil de ce travail vivant ne s’interrompe pas. Reste à savoir comment !

Maintenir le fil des leçons de Classe

Michaela Glöckler et moi-même avons donc décidé, en accord avec les responsables de l’École, de maintenir la tenue des séances entre Noël et l’Épiphanie. Cela veut dire que la leçon se tiendra au Goetheanum à l’heure prévue, et la pandémie n’y changera rien. Les membres qui le souhaitent participeront à partir de chez eux. On se réunit donc à l’heure prévue à l’École de science de l’esprit en tant que lieu spirituel de rencontre.

Ce fut une sensation étrange de se rendre seul le soir au Goetheanum, fermé, sombre et vide, d’ouvrir et refermer la porte, de tout préparer et de commencer la leçon. C’est précisément parce qu’il n’y avait personne de physiquement présent que je saluai tous de manière beaucoup plus appuyée que d’habitude, que je conviai également les membres les plus éloignés dans le temps et dans l’espace, vivants ou morts, et que je pensai au courant de travail vivant dans l’école de Michaël depuis des décennies ainsi qu’aux personnes continuant à le nourrir aujourd’hui.

Je n’oublierai pas cette expérience : la lecture commencée, la salle semblait se remplir. Même si j’étais seul à tenir la séance, je me sentis intérieurement porté et connecté avec tous ceux qui avaient nourri le fil des transmissions depuis près d’un siècle, et avec ceux qui le nourrissent aujourd’hui de manière particulièrement consciente – surtout par les temps qui courent

Michaela Glöckler a vécu sa leçon de la même manière : « Ce ne fut aucunement gênant », écrit-elle. Elle eut plutôt « l’impression de multiples présences invisibles aux yeux ».

Constamment renouvelé

Le Goetheanum ne nous appartient pas. Il appartient au sens large à l’humanité entière. Le siège de l’École de science de l’esprit, fondée par Rudolf Steiner, y est domicilié. Cette école est un réseau mondial de travail. Elle vit de la volonté de ceux qui forment ce lien – cette « coquille », comme disait Jörgen Smit, qui se renouvelle à chaque instant – qui la promeuvent et la rendent agissante.