Giancarlo Buccheri
Médecin anthroposophe milanais infecté par le COVID-19, Giancarlo Buccheri a passé le seuil le 7 avril 2020 après quatre semaines de souffrance.
Déjà touché à 5 ans par l’épidémie de poliomyélite qui sévissait alors, il affronta à 12 ans une sévère appendicite. C’est à cet âge qu’il fit part de son profond désir d’apprendre l’allemand, souhait à l’origine du séjour qu’il passa à 17 ans en Allemagne, auprès de la Weleda, où il apprit l’allemand et se familiarisa en outre avec l’anthroposophie. Ce n’est qu’à son retour qu’il découvrit des ouvrages de Rudolf Steiner dans la bibliothèque de sa mère.
Après des études de médecine à Turin, il travailla de 1975 à 1977 en Suisse, à la clinique Ita Wegman d’Arlesheim. Il fit partie de la première génération de médecins anthroposophes italiens. Père de trois enfants, six fois grand-père, il avait fondé une famille avec sa femme Sacha, originaire des Pays-Bas.
Il traduisit en italien Médecine et Science spirituelle (GA 312), cycle dans lequel Rudolf Steiner décrivit en date du 7 avril 1920 une constellation de Mars, Jupiter et Saturne en rapport avec une épidémie observée en mars et avril 2020 et caractérisée par une infection des voies respiratoires.
Une figure de la médecine anthroposophique
Sa volonté énergique et sa fidélité à l’anthroposophie marquèrent son travail. Âme noble, il conjuguait assurance spirituelle, détermination et force de persuasion avec une humanité solaire d’une grande finesse marquée du sceau du cœur et de l’esprit. Il présida longtemps la Sima (Société italienne des médecins anthroposophes). Grâce à son engagement visionnaire, il ne cessa alors de développer la médecine anthroposophique italienne et lui donna une visibilité. Président de 1991 à 2007 de l’IVAA (Fédération internationale des sociétés de médecine anthroposophique), il restructura cet organisme de fond en comble pour assurer à la médecine anthroposophique une protection politique et juridique. Il donna un visage à cette médecine et qu’il s’agisse des politiques, des autorités ou de ses partenaires dans le champ de la médecine complémentaire, il sut gagner la confiance de ses interlocuteurs européens.
Fondateur de la Fédération italienne des praticiens en médecine complémentaire, il en fut le représentant auprès du ministère de la Santé romain. Très engagé avec ses collègues dans l’élaboration du Vademecum des médicaments anthroposophiques, il traduisit l’ouvrage en italien. Après quelques années de travail au sein du conseil d’administration du groupe Weleda, il consacra les sept dernières années à créer la Fondazione Antroposofica Milanese, le plus grand centre de travail anthroposophique italien, dont il fut président.
Une impulsion vécue : l’École de science de l’esprit
Giancarlo Buccheri fit toujours le lien entre médecine anthroposophique, anthroposophie générale et École de science de l’esprit. Il fut longtemps responsable de branche à Milan, où il fut aussi transmetteur des leçons de Classe. Il s’était fortement engagé ces dernières années en faveur des leçons de Classe libres.
Il œuvra à la tête de la section de médecine italienne pendant 33 ans environ. La préface de Clinica medica antroposofica, livre récemment sorti aux Edizioni Minerva Medica, qu’il avait édité et coécrit, peut sans doute être considérée comme son testament spirituel.
Après quatre semaines de soins médicaux intensifs dans un isolement total, il a franchi le seuil le jour de la pleine lune pascale, au moment du lever du soleil.