Nous aspirons à nous rassembler
Les vastes étendues canadiennes et le besoin de rencontre imprègnent l’âme de cet état fédéral bilingue. Si le congrès annuel fut lui aussi touché par le confinement, la réduction des distances grâce aux plateformes numériques a permis de doubler le nombre de participants et de faire de nouvelles expériences de grande valeur.
Avec ses vastes étendues silencieuses, le Canada s’étend sur 9 000 km à travers six fuseaux horaires : une nation unique faite de nombreux pays. Face à l’Atlantique, des promontoires rocheux, vers l’ouest des montagnes boisées, entre les deux des lacs et des rivières. Au nord, le Canada comprend l’Arctique, où le soleil et la terre se sont séparés. Dans de telles étendues, nos membres et leurs initiatives sont comme des étoiles qui se regroupent ici et là en constellations. Nous avons nos Gémeaux, un français et un anglais, avec leur ville de Toronto et Montréal qui trouvent leur équilibre face aux évolutions du côté du Pacifique. Des centres plus petits sont dispersés ici et là à travers le pays.
Au cœur de cet état s’étend une zone où les rivières se rencontrent, un lieu sacré des « First Nations », lieu de rencontre pour parler, écouter, se comprendre : c’est Ottawa, la capitale. Ce que les nations premières y ont cultivé vit en nous. Dans les étendues infinies de notre paysage, nous aspirons à nous rassembler, à créer de la chaleur.
En mouvement comme l’eau
Ce paysage et cette aspiration caractérisent l’anthroposophie au Canada. Le comité directeur est un reflet du pays : ses membres vivent à des milliers de km les uns des autres, chacun dans sa région. Chaque année, le Comité se rend dans trois contrées différentes pour maintenir la cohésion des membres dispersés partout. Tous les ans, au mois de mai, se produit un contre-mouvement : les membres parcourent souvent de longues distances pour célébrer lors du congrès annuel le travail accompli ensemble. À l’image des voyages du comité, ces rencontres ont lieu chaque année dans une autre région. Les membres apportent avec eux ce qui les a occupés. Comme l’eau qui nous entoure, notre vie anthroposophique est elle aussi mouvement et fluidité.
Dans les derniers mois, ce mouvement dispensateur de vie a connu une brutale interruption qui a provoqué une douleur psychique paralysante, la perte de quelque chose de fondamental, malgré un printemps merveilleux avec un ciel clair et les chants joyeux des oiseaux. La nature est à nos côtés !
Comme beaucoup d’autres, nous nous sommes donc tournés vers la communication virtuelle. Certains se téléphonent le soir, d’autres commencent la journée par un bref échange Zoom sur les rythmes de la Méditation de la Pierre de fondation. Les membres de l’École ont maintenu le rythme des leçons de Classe. D’autres se sont consacrés à toutes les leçons, chacun chez soi mais unis avec les autres pendant le temps pascal, initiative à laquelle se sont jointes des personnes du monde entier.
Deux fois plus de participants que d’habitude
Le plus dur fut l’annulation de notre congrès annuel. Comme sur un terrain sans cesse en mouvement, la planification changeait quotidiennement, tandis que les restrictions de voyage se renforçaient drastiquement. Nous avons cependant continué à travailler et organisé des événements virtuels pendant les trois jours prévus pour le congrès. Nous n’avons certes pas pu nous réunir mais cela a permis de doubler le nombre habituel de participants et d’intégrer des membres très éloignés.
Chaque séance commençait par un salut joyeux alors que les visages des vieux amis apparaissaient sur l’écran. Bien que certains n’aient pas aimé cette participation électronique, beaucoup ont estimé que cette expérience était précieuse et pourrait offrir à l’avenir de belles opportunités si elle était utilisée de manière créative.
Tout au long de cette période, la conseillère du gouvernement en matière de santé a été appréciée pour son appel cordial à « rester calme, affable, en sécurité » (be calm, be kind, be safe !), une façon d’être très canadienne !