L'avenir de l'humanité est dans l'action pratique
C’est un petit peuple bigarré, à l'allure faustienne, qui s’est réuni au début de la semaine sainte. Et en effet, les quatre jours, pendant lesquels près de 500 personnes ont essayé de représenter « la Société », ont montré beaucoup d’aspiration – tant individuelle que collective.
Voici ma conclusion personnelle : on devine de plus en plus la raison pour laquelle ce groupe de personnes se nomme « Société anthroposophique universelle » et non pas « Société Rudolf Steiner ».Peut-être que ce petit peuple prend effectivement de temps à autre les traits d’un peuple embourgeoisé, mais l’exigence d’autodétermination de ces personnes relève apparemment – et à juste titre – de la sphère individuelle. On pouvait en voir beaucoup, du plus strident au plus impressionnant. En particulier, la participation active des jeunes proches de la Section de la jeunesse apportait à cette rencontre un exemple d’authenticité et d’engagement dans la durée, qui inspire le respect.Certes le « trait unifié », si souvent cité, est resté caché, mais on pouvait le sentir de manière souterraine dans la continuité d’un processus de réhabilitation, œuvrant dans le silence, qui semble finalement avoir trouvé son essence : la renaissance du Congrès de Noël de 1923-24, à partir de l’esprit d’une anthroposophie vécue.La conférence annuelle a commencé exactement une semaine avant le jeudi saint « paradoxal » et s’est terminée officiellement le dimanche des Rameaux.Le cadre horaire a été parfaitement respecté, que ce soit pour la conférence ou pour l’assemblée générale. Les deux laissaient peu à désirer (subjectivement) et beaucoup à faire (objectivement).
L'avenir de l'humanité est dans l'action pratique
Les résolutions juridiques proprement dites ont pu s’effacer, comme prévu, exception faite de la reconduction, avec une majorité écrasante, de Justus Wittich dans ses fonctions de trésorier. Excellents, les retours d’expériences des initiatives dans le monde entier en lien avec les sections de l’École de science de l’esprit. L’impression a été aussi limpide que touchante : c’est dans l’action pratique fondée sur l’anthroposophie que se décide l’avenir de notre humanité !Je remercie avec admiration le comité directeur, extérieurement si réduit, pour sa force de travail impressionnante et sa coopération encore renforcée avec la direction du Goetheanum et les représentations des pays. Et je remercie – last but not least – la nouvelle troupe d’eurythmie, l’Ensemble d’eurythmie du Goetheanum, dont les premiers fruits ont donné à cette rencontre, par le biais de l’art, un réel éclat et une nourriture spirituelle.
Du peuple de la nuit au peuple du jour
La rencontre s’est ainsi achevée le dimanche des Rameaux par une interprétation très émouvante de la Méditation de la Pierre de fondation donnée lors du Congrès de Noël. Il n’y eut dès lors plus rien à ajouter, et c’est encore le cas aujourd’hui…De ce dimanche des Rameaux si particulier, il me reste l’imagination du « peuple » et sa signification pour le (désormais michaëlique) Tournant des âges (un changement de sens dans le passage du peuple de la nuit au peuple du jour, comme le dit la conférence du 7 décembre 1918, GA 186) et, plus généralement, l’impression qu’il est possible de vivre avec cette Société anthroposophique ! | Felix Scheuerl, Gevelsberg (Allemagne)