Sur le thème de l’avenir de la Société anthroposophique, Anthroposophie aujourd’hui, n° 10, 2019

Sur le thème de l’avenir de la Société anthroposophique, Anthroposophie aujourd’hui, n° 10, 2019

31 octobre 2019 Maja Schmid 21 vues

Le grand nombre de récits du monde entier que vous publiez dans Anthroposophie aujourd’hui, n° 10, 2019, porteurs d’espoir et de courage, je les reçois comme une brise rafraîchissante. Mes remerciements chaleureux vont aux auteurs de ces articles marquants.


Dans l’éditorial également, je trouve des paroles graves. Voici quelques citations pour mémoire : « D’une certaine façon, depuis le décès de Rudolf Steiner en 1925, notre histoire de la société anthroposophique est “ écrite ”. Nous bâtissons sur elle... ». Et plus tard : « Or l’avenir est ouvert et dépend de nous, qui agissons aujourd’hui ». Pour finir : « surmonter la peur (…) par les images d’un avenir que nous appelons de nos vœux. ». C’est exactement cela !

Anamnèse du destin

Que voulons-nous ? À quoi aspirons-nous ? Une telle version pourrait s’intituler par exemple : « Construire ce qui est à faire sur ce qui a été réalisé de façon à ce que cet édifice surplombe le tout comme un nouvel étage » (ce serait en quelque sorte la version architecturale). Une autre possibilité – à partir d’une autre attitude – pourrait être : « Arrêtons de nous laisser plomber par le passé ! ». Notre devise est : « Allons-y, la voie est libre ! » (ce serait la variante sportive). Et ainsi de suite, ad libitum. Actuellement on dirait qu’il manque encore une variante bien plus encombrante que – pour notre confort personnel – nous aimerions bien éviter comme on évite une flaque d’eau. Elle consiste à dégager la vue sur « l’enfance » de la société anthroposophique, une histoire emplie d’une douleur profonde et dont le traumatisme nécessite une thérapie ou une anamnèse approfondie du destin de ses racines aux excroissances déformées : ceci pour rendre visible le terreau où le germe de l’être d’avenir qu’est l’anthroposophie peut être, par des actes de conscience libres, redécouvert pour le monde. De nouvelles pousses pourraient ainsi jaillir et se déployer – à travers la phase dont l’écriture est à présent achevée – en des métamorphoses de l’anthroposophie sans cesse renouvelées. Les recherches fondamentales entreprises discrètement, pendant des années, par un certain nombre de personnes offrent des aides pour mener à bien cette thérapie du traumatisme.

Faire converger études des sources et études de l’avenir

Les premières réunions viennent d’être planifiées, concrétisant potentiellement une synthèse des recherches. L’ouverture sur l’avenir recevrait donc bien plus qu’un élan sportif ou d’autres ambitions unilatérales. La réussite de la convergence des études sur les sources et l’avenir dépendra – nous le savons tous – d’un état d’esprit authentiquement scientifique et, partant de là, d’une véritable volonté de collaboration. Ou, pour le dire autrement, d’une identité entre parole et acte. Seule la parole qui se fait acte devient vraie et perceptible sur terre. De la scène politique nous connaissons tous ces aveux prononcés du bout des lèvres qui engendrent frustration et impuissance.

Avec mes salutations cordiales et pleines d’espoir aux acteurs en première ligne de ces aiguillages pour le futur.