L’ésotérisme dans l’exercice d’une profession

L’ésotérisme dans l’exercice d’une profession

24 février 2021 Sebastian Jüngel 17 vues

En plus des questions sur le confinement et ses conséquences, la Direction du Goetheanum s’intéresse à la nature de l’ésotérisme, en particulier quand il est lié à une profession.


Rudolf Steiner a développé un ésotérisme particulier lié à certaines activités professionnelles. Cet « ésotérisme du métier » complète le chemin de connaissance de l’être humain et présente par exemple pour les professeurs, les médecins, les thérapeutes, les enseignants spécialisés et les prêtres tout un corpus d’exercices. Les professions constituent des communautés de travail orientées vers la vie pratique. Quelle est la signification et l’efficience du développement éthique spirituel dans le contexte professionnel ? Quel est son lien avec le développement individuel de la personne ? Quelle est sa relation avec le chemin de connaissance de l’être humain que propose la première classe de l’École de science de l’esprit ?

Des chemins de connaissance liés aux métiers

Pour les professions médicales, Rudolf Steiner a donné un chemin de connaissance méditatif détaillé. Il vise, comme pour les thérapeutes, à développer les forces suscitant la guérison. Par la méditation, l’âme peut s’ouvrir à l’inspiration nécessaire, approfondir le lien de destin avec le patient et renforcer les pouvoirs thérapeutiques. Il s’agit de développer une compétence éthique spirituelle. Loin d’être seulement une science du vivant, la médecine inclut aussi une qualité morale. Elle interroge l’efficience du traitement et ce qui est bon pour les malades.

Jusqu’où transférer ces éléments à d’autres domaines pour lesquels Rudolf Steiner n’a pas ou très peu donné d’indications (pensons par exemple aux sections d’agriculture ou des sciences sociales) ? Quel est le lien entre « ésotérisme pratique » (l’expérience des qualités spirituelles) et le chemin de connaissance méditatif quand on travaille par exemple aux champs, à l’étable ou avec les préparations biodynamiques ? Le travail actuel de la Direction du Goetheanum porte sur ces questions.

Pour l’École de science de l’esprit, le lien entre travail de connaissance méditatif, profession et expérience de vie concrète est agissant. Ce chemin de l’école de Michaël se lie alors au courant de vie pratique de l’école de la Rose-Croix.

Respiration entre chemin de connaissance et expérience de vie pratique

Le travail de connaissance méditatif enrichit la pratique de vie. Les deux approches sont dans le même rapport que le jour et la nuit et l’ésotérisme se développe dans la respiration entre ces deux pôles. Tout comme on quitte la nuit avec des forces accrues pour affronter les tâches quotidiennes, le jour a un effet sur la nuit et le sommeil devient miroir du jour. Ces deux qualités sont étroitement liées, vivent l’une de l’autre, ne doivent ni se séparer ni se mêler.

Les expériences quotidiennes éclairent ce lien : quand un gymnaste veut faire un saut périlleux par-dessus un cheval d’arçon, il visualise le processus avant le saut proprement dit. Lors de sa course, l’image visualisée se fond dans l’action acrobatique. Autre exemple : la préparation d’un cours exige que l’enseignant sache exactement ce qu’il veut. Or dans la vie concrète de la classe, la préparation doit s’adapter à ce que les élèves apportent. Le travail intérieur se relie ainsi à l’activité extérieure et permet de saisir l’essence du monde du travail. Inversement, l’expérience de cet « ésotérisme du quotidien » enrichit le chemin de connaissance méditatif.

Le fait qu’un membre d’un groupe professionnel continue à se former en suivant un chemin de connaissance méditatif propre à ce groupe engendre une qualité particulière : ce chemin d’exercice s’unit à l’activité professionnelle. Un courant spirituel s’écoule dans la vie pratique et crée une nouvelle qualité. L’être humain en développement rencontre ainsi le spirituel actif dans le monde et fait entrer l’humanité dans la vie quotidienne. C’est aussi une caractéristique de l’ésotérisme.


D’après la présentation faite par Matthias Girke et Florian Osswald du travail que réalise la Direction du Goetheanum.