Pour le climat et la paix
L’alimentation est plus que la nourriture. Avec la faim, on peut faire de la politique. La compréhension du monde de la vie façonne le paysage cultivé. Le lien conscient aux aliments est l’expression de la dignité et du respect envers toutes créatures vivantes. Le plaisir de manger fortifie la santé.
Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a reçu cette année le prix Nobel de la paix : la lutte contre la faim est un travail de paix. Inversement, la faim est une arme utilisée contre la population. Mais elle est aussi causée par les effets de la crise du climat : sécheresses et inondations détruisent les récoltes. L’alimentation concerne chacun et constitue en même temps une base pour la bonne santé. L’OMS postule même pour un droit de l’homme à la santé.
Mais qui est responsable de cette situation ? La pandémie a accru chez nous la conscience du lien entre bonne santé et aliments produits de façon écologique, car les aliments sains ne poussent que sur un sol sain. Les interdépendances dans les chaînes d’approvisionnement et les abus dans l’élevage, par exemple, sont aussi devenus flagrants. Il est clair que notre comportement en matière d’achats influe fortement sur l’aspect de notre monde.
La diversité, une expression du vivant
Nous sommes tous touchés de la même façon et ce n’est qu’ensemble que nous surmonterons la crise, qu’il s’agisse de la crise sanitaire, du changement climatique ou de la faim. La dignité et le respect dans les relations entre les personnes et avec l’animal, le végétal et la terre sont une condition préalable importante.
Le lien d’une culture à l’alimentation se lit dans le paysage. Les zones de monoculture de maïs et colza ou les friches des brûlis de forêts tropicales font référence à des intérêts économiques qui voient plantes et animaux comme des « moyens de production » dans une chaîne de valeur aussi rentable que possible. La diversité des champs, pâturages et forêts indique un paysage cultivé qui sert à la fois à nourrir et à cultiver une grande variété de formes de vie. La résilience et la bonne santé de l’être humain et de la terre sont pour la culture et l’alimentation des critères de qualité. On les obtient en transformant l’économie pour qu’elle serve la vie.
Notre façon de manger se reflète dans notre culture. Avons-nous une relation éphémère à la nourriture à emporter avant de nous précipiter au prochain rendez-vous ou prenons-nous notre temps ? Cuisinons-nous, mangeons-nous ensemble ?
Manger, une expérience sensorielle
Depuis le début de la pandémie, les ménages cuisinent plus que jamais des aliments frais, ce qu’on a même qualifié de nouvelle dynamique. L’attention se porte sur la variété, la diversité des goûts et couleurs : en cas d’ambiance tendue, l’alimentation est pour la famille source d’expériences positives. Des nutritionnistes ont récemment montré que l’alimentation ne doit pas être uniquement considérée comme un apport de nutriments mais aussi comme une contribution au bien-être et à une vie positive et saine.
La variété des nouvelles impressions sensorielles est source de joie, le microbiome intestinal se renforce au profit de la santé et d’un système immunitaire fort. Les recherches montrent clairement le bénéfice des discussions stimulées à table par les plats : nous pouvons tous commencer par cela.