La vieillesse est un sujet qui relève de l‘ensemble de la société

La vieillesse est un sujet qui relève de l‘ensemble de la société

14 juin 2026 Sebastian Jüngel 38 vues

Vu l‘augmentation prévisible du nombre de personnes vieillissantes dans de nombreuses populations, il faut s‘attendre à une proportion bien plus élevée de seniors dépendants. Pour Christian Schikarski, médecin interniste en charge du groupe de travail ‹ Culture du troisième âge et médecine gériatrique › au sein de la section de médecine du Goetheanum, la responsabilité n‘incombe pas uniquement aux particuliers : il réclame des politiques la mise en place de programmes d‘information, de formation et de soins.


En raison de l‘évolution démographique de pays comme l‘Allemagne, « une minorité de jeunes adultes » se retrouvera, dans un proche avenir, face à « une majorité de personnes âgées ». Selon Christian Schikarski, expert en gériatrie, cela conduira à des conflits chez les plus jeunes, qui « devront non seulement gérer leur travail quotidien et leur famille, mais se verront également imposer la prise en charge des personnes âgées et dépendantes ». Les deux générations devront en outre trouver un terrain d’entente malgré des expériences de vie très différentes : époque de la guerre et de l’après-guerre d’une part, période du corona-virus d’autre part.

Christian Schikarski estime donc indispensable de former particuliers et soignants à l’accompagnement des personnes âgées. Outre les fragilités physiques de plus en plus fréquentes, les processus mentaux et cognitifs évoluent également. Certains aspects peuvent être compensés par un entraînement visant à développer résistance et coordination. Les chutes, et donc les fractures ou les interventions chirurgicales, peuvent être réduites. Une faible activité métabolique, une capacité de régénération réduite, la modification de la physiologie « avec diminution de la masse musculaire, augmentation du tissu adipeux et réduction de la masse hydrique » comporte « un risque d’effets indésirables liés aux médicaments ». Il convient donc d’accorder une attention particulière au choix des remèdes et à leur posologie.

Indépendamment de cela, des souvenirs refoulés peuvent refaire surface. Il suffit parfois de simples contacts, d’une lingette trop froide, d’un mot, d’un repas, d’une odeur. « Comment y faire face en tant qu’accompagnateur ? », se demande aujourd’hui encore Christian Schikarski dans son travail auprès des personnes âgées. S’il a fait de bonnes expériences en prenant le temps de réfléchir et d’écouter, un accompagnement psychotraumatologique peut s’avérer nécessaire dans certains cas.

Il lui importe que les capacités de la personne âgée ne soient pas perçues exclusivement comme un déficit. Même s’il faut « apprendre à gérer le manque », les expériences de vie et une vision éclairée sont un atout pour l’entourage de la personne âgée, car « il est possible, même dans des conditions limitées, de mener une vie épanouie ». Une conception spirituelle de l’être humain y contribue. Pour que tout cela soit possible, une mobilisation de l’ensemble de la société est toutefois nécessaire.


Traduction Jean Pierre Ablard

Publication (en allemand) Christian Schikarski : Culture et médecine du vieillissement, Der Merkurstab n° 2, 2026

Image symbolique Les soins aux personnes âgées (Photo : Age Cymru / unsplash)