Une visibilité pour les œuvres d’art

Une visibilité pour les œuvres d’art

23 mars 2021 Matthias Mochner & Egon Tietz 27 vues

En 2016 furent créées à Berlin les Archives Ænigma, un fonds pour l’art, l’architecture et le design anthroposophiques (voir Anthroposophie aujourd’hui, n° 3, 2016). Depuis lors, des dizaines de milliers d’œuvres d’artistes anthroposophes lui ont été confiées. L’hôpital Havelhöhe de Berlin expose des œuvres issues de ce fonds.


Chaque don reçu est comme un petit miracle où se jouent la confiance accordée aux archives, la collecte effectuée par nos soins, le tri des œuvres et leur stockage. Nous avons par ce biais un contact avec des biographies dédiées à la création et des contextes de travail qui veulent être rendus visibles.

Récemment ont été déposés une collection de plus de 100 œuvres de l’artiste Maria Hiszpanska-Neumann (1917-1980) ainsi qu’un grand retable de Max Wolffhügel (1880-1963). La comparaison de ce tableau avec le retable de 1937 de Margarita Woloschina (1882-1973), qui se trouve également dans les archives, est révélatrice : elle permet de documenter les différentes façons de traiter un seul et même thème.

L’expérience a montré que l’état de conservation des œuvres est très variable ; plus de la moitié des œuvres qui nous sont remises nécessitent un traitement de conservation. Les œuvres doivent être en outre correctement stockées. Les coûts de ces mesures sont plusieurs fois supérieurs à l’enveloppe financière dont nous disposons : seuls quelques dons sont en effet destinés à la préservation des œuvres.

Les Archives disposent d’un espace d’environ 250 m2 dans les locaux de l’école Steiner-Waldorf Berlin-Kladow, à proximité immédiate de l’hôpital Havelhöhe. L’idée d’un dépôt/galerie accessible aux visiteurs a dû être abandonnée par manque d’espace suite à l’afflux des œuvres.

Objets exposés aux Archives Ænigma, Berlin. Photo: Marco Limberg

Critères en vigueur pour le dépôt des œuvres

Le désir de valoriser et de conserver sur le long terme des œuvres d’art inspirées par l’anthroposophie est un élément décisif dans la transmission des œuvres aux Archives. Institut à but non lucratif, les Archives garantissent ces deux aspects : valoriser et conserver. Leurs statuts excluent la revente.

Les Archives ne procèdent à aucun achat. Jusqu’à présent, le travail des collaborateurs est bénévole, sauf en cas de recours à des experts externes. L’objectif est de créer dans Berlin un espace dédié, un lieu central permettant de découvrir l’art anthroposophique au quotidien et de se lier à lui.

Le travail n’est pas dirigé vers le passé : il vise au contraire à manifester le potentiel de développement implicite de l’art anthroposophique dans le sens d’une impulsion culturelle.

Chose logique et bien dans l’esprit de la mission des Archives, grâce à l’initiative de l’hôpital Havelhöhe, les œuvres de Waldemar Volkmer sont désormais présentées sur une longue période dans les chambres des patients et dans les couloirs d’un des services. Suivra cette année une présentation des œuvres de Heinrich Röder.

Presque cent artistes à ce jour

À ce jour, les Archives ont reçu plus de 65 dons. Il s’agit de successions complètes d’artistes et d’œuvres telles que peintures, sculptures, maquettes d’architecture ou cadres sculptés, meubles et objets en métal. Les œuvres sont venues d’Allemagne, de Suisse, d’Autriche et de Suède. Qu’il s’agisse d’Eric Arlin (1924-1996), d’Oswald Dubach (1884-1950), de Bernhard Eyb (1888-1978), d’Arne Klingborg (1915-2005), de Felix Kayser (1892-1980), de Roberto Hoffmann (mort en 1988) ou de Hans Nohl (1903-1999), ces personnalités ont contribué à façonner le développement de l’art au 20e siècle. Citons aussi des artistes tels que le professeur Steiner-Waldorf Ewald Becker-Carus (1902-1995) et l’agriculteur biodynamique Theodor Willmann (1902-2003), dont les gravures sur métal ont un contenu christologique marqué. L’œuvre remarquable de Heinrich Röder (1897-1954), l’un des premiers legs reçus par les Archives, est encore peu connue. Nous avons aussi un canapé-lit avec bibliothèque intégrée, une création de l’architecte Helmuth Lauer (1901-1979) datant de 1937.

Mis à part les quelques 30 000 pièces répertoriées appartenant à la succession du coloriste Fritz Fuchs (1937-2018) ou le legs anthume de l’architecte Winfried Reindl (né en 1939 – plus de 8 000 pièces), la succession de Waldemar Volkmers (1909-1973) est actuellement l’un des fonds les plus importants, tout comme le legs anthume de Karl-Heinz Flau (né en 1930 – un peu moins de 1 000 œuvres). Comme il n’est pas rare que des œuvres d’artistes inconnus parviennent aux Archives et comme on trouve toujours des travaux d’autres artistes dans les successions importantes, près de 100 artistes sont aujourd’hui représentés.

Coopérations

Sous réserve de financements, les œuvres et les successions confiées aux Archives seront présentées par des auteurs internes et externes dans Édition Ænigma, petite série publiée à intervalles irréguliers.

Convaincus que l’existence d’un espace dédié à l’art anthroposophique à Berlin est une contribution majeure à la vie de l’esprit, nous nous efforçons à moyen et à long terme d’obtenir un financement grâce à une coopération avec des institutions de la vie économique prêtes à contribuer financièrement à l’impulsion des Archives. Les visites sont possibles après contact téléphonique.


Soutien / Contact Tél. +49 30 440 46 9 10 (Matthias Mochner), +49 172 899 299 6 (Egon Tietz)