Qu’exige de nous la décennie à venir ?
Les années 2020 qui sont devant nous signifient pour l’anthroposophie encore une série de moments de commémoration d’ici l’année 2025, d’une part. Le monde commence d’autre part, dans maints endroits, à s’interroger très concrètement sur la nature des contributions que peuvent faire les personnes inspirées par l’anthroposophie, concernant les questions ouvertes et les problématiques du présent.
Engagement individuel et courageux
De telles contributions doivent non seulement faire leurs preuves dans la pratique mais également pouvoir indiquer avec précision à partir de quelle conscience élargie elles travaillent ou si elles prennent en compte des faits psycho-spirituels. Ceci vaut aussi bien pour l’agriculture, en cette période de crise climatique, que pour la pédagogie, la médecine ou la question de l’éthique, à l’ère du transhumanisme. La pratique et une connaissance fondée sur la science de l’esprit s’approchent l’une de l’autre et posent d’importants défis dans tous les domaines. Il ne faut pas oublier dans pareil contexte l’incontournable créativité, la force de transformation et l’action au plan social, qui sont les conditions de tout avenir humain.
Dans cette dynamique, la Société anthroposophique pourrait devenir un rassemblement mondial de personnes s’engageant individuellement et courageusement en faveur de la dignité de l’être humain et la transformation des structures sociales partout dans le monde, à partir d’une connaissance spirituelle. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la devise du Congrès annuel 2020, tirée des Lettres aux membres de Rudolf Steiner : « Se lier au monde dans une volonté d’amour. »
Le Comité se réjouit de voir Ueli Hurter répondre favorablement à cette nomination au sein de notre cercle qui peut paraître inhabituelle. Où donc ailleurs que dans l’agriculture biodynamique existerait-il un lien plus palpable entre esprit et pratique ? C’est de cette qualité, liée à une prise en compte accrue de la Société mondiale, dont nous aurons besoin dans les années à venir. C’est essentiellement en pensant à cette tâche que Joan Sleigh a accepté un mandat supplémentaire. Pour ces deux nominations, le Comité demandera aux membres leur accord lors de la prochaine Assemblée générale.
Lucifer et Ahriman
Pour Ahriman, les choses sont donc telles qu’il ne prête jamais attention à la concordance d’une représentation avec l’objectivité, ce qui lui importe, ce sont les effets, ce qui peut être atteint. […] Pour Lucifer, il s’agit […] de développer les représentations qui engendrent le plus possible de conscience en l’homme. […] Que tant de choses sont dites, qui sont parfaitement hypocrites ou mensongères, […] parce que cela correspond à l’émotion […] doit être attribué au fait que des courants ahrimaniens et lucifériens se sont actuellement emparés du monde dans un véritable chaos.
Source Rudolf Steiner, GA 170, conférence du 28 août 1916.