Islam et anthroposophie

Islam et anthroposophie

02 février 2021 Angela Hofmann 22 vues

Qu’il s’agisse de Sekem ou de formations anthroposophiques, l’anthroposophie est vécue en Égypte du point de vue culturel et interculturel dans tout son potentiel.


Le mouvement et la Société anthroposophiques en Égypte ont été fondés par Ibrahim Abouleish et un cercle d’Européens, un geste qui conduisit à la fondation de branches et aux activités liées à l’École de science de l’esprit.

La vie de la branche de Sekem s’enrichit de la présence de ceux qui y séjournent, stagiaires y résidant quelque temps, conférenciers et invités du monde entier. En raison de la diversité linguistique des participants, l’anglais est devenu langue de référence. Des personnes d’origine égyptienne et des musulmans sont également impliqués dans la vie de la branche : des personnes bénéficiant d’un certain niveau d’éducation et ouvertes à des approches holistiques.

Tissage des cultures

L’Égypte est avant tout un pays musulman, avec environ 90 % de musulmans et 6 à 10 % de chrétiens coptes. Comme d’autres pays musulmans, au cours des dernières décennies et plus généralement lors des périodes marquées par un manque croissant de lisibilité et une insécurité économique grandissante, l’Égypte a connu un retour à la tradition et au conservatisme.

Sekem est devenu grâce à son fondateur un site phare de la diversité. Par son habile tissage des cultures et des religions, Ibrahim Abouleish fut le premier à vivre une relation étroite entre l’Est et l’Ouest et à construire les ponts qu’il avait d’abord bâtis en lui-même. Élevé dans la religion musulmane, il connut la culture occidentale et l’anthroposophie lors de ses années d’études et de travail en Autriche. Pendant 40 ans, il étudia avec ses plus proches collaborateurs les liens et les similitudes entre une lecture ésotérique du Coran et l’anthroposophie. Sekem lui-même est donc basé sur une fusion entre Orient et Occident, islam et anthroposophie.

Cette fusion trouve aujourd’hui une application pratique dans la formation continue de ceux qui travaillent à Sekem ou depuis sept ans à l’université d’Héliopolis au Caire : il existe des programmes de formation en arabe concernant la maternelle, l’école, la formation professionnelle des enseignants, eurythmistes et artistes de la parole et l’agriculture biodynamique. Les Bédouins de la région sont également représentés dans l’école et les entreprises. Le Centre médical a longtemps abrité des formations anthroposophiques intensives pour les médecins. Il est actuellement repensé dans le but d’assurer une prise en charge holistique des patients et du système de santé.

N’oublions la célébration et la valorisation des diverses fêtes liées à la culture et à la religion des musulmans et des chrétiens.

Un travail anthroposophique autonome

Dans certaines régions, Sekem soutient des enseignants engagés dans l’ouverture d’écoles Steiner-Waldorf, comme par exemple à Louxor.

Des offres éducatives et culturelles de plus en plus nombreuses sont peu à peu proposées aux oasiens grâce à la ferme d’El-Wahat el-Bahariya, un domaine en pleine expansion. Le lien entre islam et anthroposophie y est également palpable, à l’occasion par exemple d’un spectacle d’eurythmie proposé par une troupe égyptienne aux ouvriers agricoles et aux membres de la communauté dans le nouvel amphithéâtre.

Ibrahim Abouleish a su mettre en relation son entourage avec l’anthroposophie de façon juste : certains s’approprient aujourd’hui des textes de Rudolf Steiner en toute autonomie.

Au cours des dernières années, la collaboration entre Sekem et le Goetheanum s’est intensifiée. Avec la section d’agriculture, nous travaillons à intégrer l’approche biodynamique de l’agriculture et de notre environnement dans l’enseignement universitaire. Ce modèle devrait contribuer à favoriser l’enseignement de la biodynamie dans d’autres universités.


Web Sekem