Nouvelles formes de collaboration

Nouvelles formes de collaboration

31 octobre 2019 Georg Soldner 38 vues

210 personnes ont participé les 27 et 28 septembre à la deuxième édition du World Goetheanum Forum sur le thème de nouveaux modes collaboratifs. Désireux de serencontrer, responsables d’entreprises, d’institutions et de diverses initiatives ontmené en direct une action de financement participatif d’environ 65 000 euros.


Aux Pays-Bas, Jos de Blok a mis sur pied depuis 2006 le projet Buurtzorg (soins à domicile) qui regroupe environ 11 000 soignants et soignantes. Le fondateur, lui-même soignant, expert en management et leadership, œuvre pour l’abandon de structures administratives superflues et le travail en équipe de collaborateurs autonomes capables de se consacrer principalement à leur tâche. Buurtzorg réduit ainsi la bureaucratie et les dossiers au strict nécessaire et place au centre de son projet des solutions créatrices et individuelles en faveur des patients, une façon pour ce réseau de soins ambulatoires de résoudre le problème du recrutement. De nombreux pays ont témoigné entre temps de leur intérêt pour ce modèle.

Rencontre en situation d’harmonie et de conflit

Hans-Peter Niggli, Niklaus Schär et d’autres encore travaillent pour CoOpera à ce que l’argent des retraites soit orienté aux valeurs de l’économie réelle. Si on songe que 90 % des transactions spéculatives dans le monde sont réalisées avec l’argent des retraites et des assurances, on mesure l’importance de cette action : avec près de 7 000 membres, CoOpera soustrait 810 millions de CHF à ces pratiques, soit un millième du montant dont disposent les caisses de retraite suisses et offre ainsi de précieuses impulsions économiques.

Pour Ha Vinh, la pratique de la méditation est la base d’une collaboration féconde. Il se consacre aujourd’hui pour l’essentiel au projet vietnamien des « happy schools », dont bénéficieront en quelques années 25 millions d’enfants et d’adolescents. Dans le cadre du projet pilote de la province de Hué, les enseignants sont formés à des programmes d’enseignement centrés sur le développement psychique et la formation de la personnalité des élèves, qui puisent aux sources de la pédagogie Steiner-Waldorf et de la spiritualité bouddhiste.

Pour nous sensibiliser à notre capacité de rencontre dans le travail collaboratif et l’expérimenter en situation harmonieuse ou conflictuelle, Stefan Hasler, responsable de la section des arts de la parole et de la musique, proposa aux participants des exercices sur le thème du champ de tensions du « Moi-Toi-Nous ».

Les friches industrielles, un compost pour la nouveauté

Pour Aonghus Gordon, fondateur de Ruskin Mill, les friches industrielles sont un « compost pour la nouveauté ». Il a redonné vie à une ancienne verrerie et incité des adolescents avec troubles de l’apprentissage et du comportement à devenir actifs, à apprendre à s’accepter, à accepter les autres, à développer des facultés manuelles et à découvrir la qualité du beau. Le Ruskin Mill Trust a pour projet de fonder sa propre université. Il se fonde sur la spiritualité de son fondateur, son savoir-faire artistique et concret, son expertise entrepreneuriale et le courage qu’il manifeste dans les transactions avec les administrations qui financent ses projets.

Aline Haldemann, Bettina Holenstein et Susanne Huber, forment l’équipe de direction de Demeter Suisse. Elles « vivent » l’association entre producteurs, clients et marché et font en sorte que les poussins mâles ne soient plus tués dès leur naissance. Ces dernières années, Demeter Suisse a réussi à négocier avec des acteurs de la grande distribution comme Migros et Coop.

Chargé de la section des sciences sociales, Gerald Häfner voit dans le gouffre où nous plongent les crises écologiques, sociales, économiques et politiques la nécessité de développer et de vivre toujours plus consciemment de nouvelles formes de collaboration.

Attribution de subventions

Armin Steuernagel, infatigable cocréateur du forum et membre du Young Think Tank du Club de Rome (ThinkTank 30), avait préparé 30 tables rondes sur 16 thèmes proposés par les participants, avec entre autres des questions actuelles sur les dispositifs salariaux, la transmission entrepreneuriale et intergénérationnelle et la propriété en responsabilité. « L’Atelier du pitch », un processus de financement participatif en direct animé avec humour et finesse par Benjamin Brockhaus et Jonas von der Gathen, offrit à 16 initiatives du monde entier cinq minutes pour se présenter, à la suite de quoi elles reçurent des dons de la part des participants qui, dans un second temps, distribuèrent des bourses de la World Goetheanum Association d’un montant global de 65 000 euros, tout cela accompagné d’entretiens et de nouveaux contacts sur les stands des initiatives.

Ce forum est une source d’impulsions personnelles pour de nombreux participants ainsi que pour la World Goetheanum Association, l’entité organisatrice. Elle procure un espace de rencontre aux entreprises, institutions et initiatives qui se développent de façon innovante sur la base d’impulsions spirituelles et de valeurs partagées et recherchent de nouvelles formes de collaboration partenariale prenant en compte dans leurs actions le bien public autant que l’avenir de l’être humain et de la terre.


Web : www.buurtzorg.com; www.coopera.ch; www.elihw.org/eurasia-learning-institute-for-happiness-and-wellbeing; www.rmt.org; www.demeter.ch; www.tt30.de; www.worldgoetheanum.org